Quand les hardeuses se racontent… [Revue de presse #1]

08/05/2011

Le numéro spécial sexe des inrocks tombe (comme tous les ans), et c’est à mon sens le bon moment pour lancer une rubrique revue de presse. Rubrique appartenant à tout le monde (il suffit au rédacteur qui le souhaite d’écrire [Revue de presse #...] dans le titre). Ici pour mettre en avant les témoignages dans la presse de quelques actrices qui démentent furieusement les clichés, mais qui pourrait tout aussi bien avoir pour sujet la conquête du monde par les lapins nains albinos (pour autant que vous trouviez deux  où trois articles différents sur le sujet icon biggrin Quand les hardeuses  se racontent... [Revue de presse #1] ).

Quatre articles à lire, présentés par ordre d’intérêt à mes yeux, pour avoir un nouveau regard sur la profession et ses origines. Ici, j’ai choisi de me focaliser sur les Inrocks, tout simplement parce que Rue89 et Slate méritent eux aussi une revue de presse complète sur la manière dont ils mettent en avant le X.

 

Le premier est le portrait de Judy Minx, il peint l’image d’une femme lettrée, voire même carrément minoritaire de par la qualité de ses études, qui a fait du X son choix de vie.

«Je choisis de me définir comme actrice porno, de dire que je SUIS actrice porno et pas simplement que je FAIS du porno : je choisis de m’identifier à ce job. Ce choix de faire de ce job mon identité, c’est un choix politique. Parce que justement je ne suis pas ce que les gens ont à l’esprit lorsqu’ils parlent d’une actrice porno. Parce que faire du porno n’est pas considéré comme un choix valide pour « une jolie jeune fille comme moi ». Une jolie jeune fille comme moi qui pourrait très bien faire autre chose puisqu’elle fait des études, a une vie plutôt privilégiée, à l’abri du besoin, ne peut pas avoir vraiment choisi de faire ça. Et si vraiment j’ai choisi, ça ne peut pas être un choix éclairé, je dois être idiote, naïve, inconsciente des conséquences, et, un jour ou l’autre, je le regretterai. Et c’est clair, la société dans laquelle on vit fait tout pour punir les femmes qui dévient du droit chemin, pour le leur faire regretter. Mais je me suis toujours sentie beaucoup plus proche des personnages de putes que des personnages de femmes respectables.»

En suivant, l’article de Yasmine qui dresse un portrait accablant du milieu, et la contreattaque de Katsuni qui prend la défense de son industrie. Le face à face est intéressant, les visions du métier, de la gestion de l’image, des conditions de travail y sont mises en avant. Pour le nombre d’article et de fond journalistique sur le sujet que j’ai pu lire, l’interview de Yasmine est l’une des seules à ne pas défendre bec et ongle ce choix de vie comme un choix épanoui (mais le défend tout de même comme un choix de vie).

« Ce qui me fait doucement rigoler, c’est qu’ils osent appeler ça « la famille du X » alors que tout y est d’une hypocrisie sans nom. Si tu ne participes pas à leurs soirées, si on ne te voit pas lors de certains événements précis, c’est même pas la peine de continuer.»

« OUI, c’est un métier , et il est difficile ; oui, il faut être physiquement et mentalement solide pour travailler avec son corps, son image, son intimité et en assumer les conséquences ; et oui… il ne faut compter que sur soi-même et ne pas penser qu’écarter les jambes devant une caméra, aussi jolie soit-on, suffit à faire carrière. »

La dernière, de loin l’un de mes articles préférés, l’interview de Sasha Grey, publiée en 2009 chez Les Inrocks. Le témoignage est poignant, les choix de vie assumés, la mise en avant d’une vie culturelle forte affirmée. Quand on sait que Sasha Grey est l’une des rares actrices pornos de la dernière décennie à avoir franchie le pas porno/cinéma classique (dans ce sens là :p), il y a de quoi à être curieux quant à la façon de penser une carrière et les choix sociaux mis en avant.

« Toi-même, tu oserais le parallèle entre prostitution et pornographie ?

Moralement, pour une actrice oui, cela relève de la même chose. Mais à la fin de la journée, entre la prostituée et la pornstar, il y a des différences notables : l’art, l’absence d’art, l’anonymat ou la surexposition, les territoires de la légalité… »

Pour cette première revue de presse, j’ai volontairement choisi un sujet politiquement incorrect, mais au final, ce n’est pas si sale que ça, hein ?

Pensez à me dire si vous avez apprécié, que je sache si je continue la série (je changerai volontairement diamètralement de sujet à chaque fois je pense).

P.-S : La photo en tête d’article est bel et bien du Staff, grand merci à Tsuki et Léo. icon smile Quand les hardeuses  se racontent... [Revue de presse #1]